Quand est-ce que la nourriture « saine » devient un problème ?

8 Août 2017 | Orthoréxie, Troubles alimentaires | 5 commentaires

Mon système de croyances alimentaires comporte un paradoxe.

Je crois qu’il est important de dire « Fuck » à l’industrie des régimes et aux alarmistes/vendeurs de perte de poids MAIS,

je ne peux m’empêcher de préférer les aliments entiers, naturels et non-transformés, aux aliments industriels.

De plus, un des premiers conseils que je donne pour faire la paix avec la nourriture est d’arrêter de se prendre la tête avec l’alimentation et les aliments « sains » ou « pas sains » et,

pourtant,

je fais moi-même beaucoup de recherches concernant la nutrition (et vais même jusqu’à les partager sur un site regroupant toutes mes recherches !).

Nous pouvons définir les aliments naturels et entiers de nombreuses façons, mais je les définirais globalement par : les versions les moins raffinées/transformées, et produites de manière durable, des aliments que nous aimons.

Quand est-ce que les aliments sains, entiers et naturels deviennent un problème ?

Quand cela devient une obsession.

Même si les aliments entiers sont l’idéal, nous ne vivons PAS dans un monde idéal.

Nos aliments SONT transformés.

Au restaurant, la plupart des aliments sont légèrement, voire hautement, transformés. Même dans les meilleurs restaurants.

Et, si vous voulez pouvoir manger au restaurant avec des amis, ou avoir de la flexibilité, se sentir obligé de respecter ces règles sera absurde et stressant.

Si vous faites partie de ces personnes qui pensent qu’elles ne peuvent pas baisser leur garde vis-à-vis de leurs règles alimentaires,

comme c’était mon cas autrefois,

je pense que vous vous faites plus de mal que de bien.

 

À moins d’avoir une sérieuse allergie alimentaire,

ou d’avoir une forte réaction immunitaire à certains aliments comme les Cœliaques (si vous savez qu’une éviction alimentaire particulière est critique pour votre santé mais que vous avez toujours du mal à la « respecter », je vous encourage vivement de rejoindre mon programme de coaching pour connaître LA clé de la réussite des évictions alimentaires),

alors vous n’avez pas besoin de gérer minutieusement votre pureté alimentaire.

Ce n’est pas bon pour votre santé et votre bien-être mental.

Et ce n’est pas fun !

 

Bien sûr, vouloir ce qu’il y a de mieux pour vous-même et vous soucier de la provenance de vos aliments est une bonne chose.

MAIS cela ne sera tenable et utile, et ne contribuera à l’amélioration de votre qualité de vie,

QUE si cela provient d’intentions bienveillantes et aimantes,

et non de la peur.

L’orthoréxie n’en vaut pas la peine.

La nourriture industrielle, les additifs et les conservateurs ne sont probablement pas ce qu’il y a de mieux pour la santé,

mais,

d’après mon expérience,

les craindre constamment peut s’avérer bien plus délétère.

Si manger sainement génère dans votre quotidien du stress et de l’anxiété, ou amoindrie considérablement votre vie sociale, vous n’allez PAS dans la bonne direction.

 

Il y a une tonne d’études montrant que le stress et nos pensées sont un des plus gros contributeurs aux problèmes de santé et aux maladies,

et qu’entretenir des relations sociales profondes et épanouissantes est une des meilleures choses que vous pouvez faire pour votre santé.

Donc, si essayer d’éviter certains aliments vous empêche d’être épanouis de ce côté là,

vous devriez selon moi revoir la définition que vous avez de la « santé ».

 

D’un point de vue purement personnel,

je dirais aussi que si votre relation avec la nourriture est émotionnellement affligeante

(par exemple si l’estime que vous avez de vous-même s’effondre quand vous « sortez de votre plan alimentaire », ou que vous devenez anxieuse si vous mangez le « mauvais » aliment),

vous devriez vous demander si votre santé mentale ne devrait pas AUSSI faire partie de vos priorités. 

Être capable de s’asseoir et de manger une part de gâteau au chocolat sans s’en vouloir ou sans vous soucier de comment « compenser cet écart plus tard »,

est selon moi critique pour votre santé mentale de manière générale ;

et, si votre santé mentale et votre bonheur ne suivent pas, quel est l’intérêt de manger « sainement » ?

Donc, Fuck It !

Comment avoir une approche plus « saine » sans pression ?

La seule raison qui fait que je préfère manger de cette façon aujourd’hui est parce qu’après avoir totalement légalisé et neutralisé tous les aliments,

j’ai développé une réelle envie de manger ces aliments.

Et je pense que c’est la seule raison valable pour laquelle une personne devrait manger sainement.

Manger de manière intuitive et avoir une relation saine avec la nourriture et avec votre corps ne veut pas dire que vous ne pouvez plus savourer les aliments dits « healthy ».

Un smoothie n’est PAS un choix restrictif ; tout dépend de LA RAISON pour laquelle vous choisissez ce smoothie.

Si vous décidez de le manger parce que c’est la chose qui vous attire le plus sur le moment et qui vous satisfera le plus,

et parce que vous avez envie de ces saveurs dans votre bouche,

alors oui, bien sûr, foncez !

Mais si vous le choisissez parce que ça vous parait « sûr », « clean » ou « raisonnable »,

ou pour toute autre raison qui serait basée sur la morale, la peur, la privation ou l’absence d’envie ou de faim,

alors non, c’est un choix motivé par un état d’esprit restrictif ou de régime.

 

Lorsque vous êtes en train de guérir d’un trouble alimentaire et que vous choisissez des aliments que la culture des régimes juge « healthy »,

vous devez être conscient(e) de vos motivations et faire de votre mieux pour ne PAS répondre à votre mentalité restrictive ou à votre trouble alimentaire.

Si vos règles alimentaires sont votre première motivation pour faire un choix alimentaire particulier, changez de direction.

Nous pouvons également atténuer le poids qu’a la culture des régimes sur les autres en ne postant sur les réseaux sociaux pas seulement des photos et des recettes « healthy ».

C’est bien de poster des jus verts et des smoothies, mais pensez aussi à partager un burger ou une pizza ; cela montrera aux autres que vous ne faites pas vos choix à partir d’une position dogmatique.

 

Enfin, je pense que nous devons aussi commencer à séparer santé et poids car,

malgré l’énorme propagande que fait l’industrie des régimes pour essayer de nous convaincre qu’ils sont inextricablement liés,

ils ne le sont pas.

La santé et le poids sont des mesures complexes et,

bien qu’il y ait une certaine corrélation entre eux,

ils n’ont pas de rapport direct,

et voir les régimes comme une « solution » est non seulement inefficace, mais empêche aussi les gens de développer des comportements sains et durables sur le long-terme.

Nous devrions aussi commencer à avoir des conversations profondes au sujet de la discrimination pondérale et de la pression que nous subissons pour devenir plus mince.

Tant que ces conversations ne seront pas systématisées et présentes dans les médias, rien ne changera.

Conclusion

À partir du moment où vous achetez ou mangez un aliment dans la PEUR,

vous pouvez être sûre que votre relation à la nourriture en souffrira.

Par contre, vous pouvez acheter des aliments et les manger dans une démarche bienveillante,

tout en restant détendue et flexible.

Ce n’est pas de vouloir manger sainement le problème,

c’est de vouloir à tout prix manger sainement, d’une manière obsessionnelle, rigide et parano.

Ce n’est pas de vouloir manger de la salade qui détermine la relation que nous avons avec la nourriture,

ce sont LES RAISONS pour lesquelles nous mangeons cette salade.

Oui, je mange sainement la plupart du temps mais je m’en fiche aussi totalement si demain au restau on me sert un plat rempli d’acides gras poly-insaturés.

D’ailleurs le week-end dernier je n’ai mangé que des choses différentes de ce que je mange habituellement chez moi et je n’en ai pas fait tout un plat !

Par contre, quand j’avais une relation malsaine avec la nourriture, j’aurais paniqué et j’aurais culpabilisé pendant des jours !

C’est ça la principale différence entre un mangeur qui a une relation normale avec la nourriture et un mangeur qui a une relation troublée avec la nourriture.

En fait, comme je le répète souvent, les TCA ne proviennent pas de ce que l’on mange ou ce que l’on ne mange pas,

mais de ce que l’on PENSE de ce que l’on mange.

Manger normalement n’est pas quelque chose que l’on FAIT mais quelque chose que l’on PENSE.

Vous pouvez très bien supprimer plein d’aliments de votre alimentation tout en PENSANT toujours comme un mangeur normal, et donc vous ne développerez pas de TCA.

 

En résumé, je suis toujours convaincue que pour faire la paix avec la nourriture il est indispensable d’autoriser et de légaliser TOUS les aliments mais,

ensuite,

une fois que vos comportements se sont régulés et normalisés,

il n’y a rien de mal à avoir envie de vous diriger vers les aliments qui profiteront le plus à votre corps.

C’est d’ailleurs ce qu’il se passe NATURELLEMENT lorsque vous appliquez correctement ma méthode sur le long terme et que vous voyez vos envies de junk-food disparaitre. 😉

Et vous, dites moi où vous vous situez sur l’échelle de l’obsession alimentaire ?

Est-ce que manger « sainement » est comme une seconde nature pour vous aussi ou pas encore ?

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