Pourquoi la restriction calorique ne marche JAMAIS (sur le long terme)

10 Déc 2016 | Problèmes de poids, Santé/Nutrition | 22 commentaires

Nous n’arrêtons pas d’entendre que :

  • Pour perdre du poids, nous devons nous concentrer sur les calories rentrantes VS les calories sortantes ;
  • La prise de poids est causée par deux choses : nous avons trop mangé ou nous n’avons pas fait assez de sport (ou une combinaison des deux) ;
  • Perdre du poids est simple, il suffit de changer ces deux variables pour créer un déficit calorique ;
  • Et, comme vous allez perdre du poids, vous serez désormais en « meilleure santé ».

Alors pourquoi mon expérience m’a prouvé le contraire ? Pourquoi ai-je obtenu des résultats opposés sur le long terme ?
Regardons de plus près ce qu’il se passe quand vous utilisez cette méthode de déficit calorique classique couramment utilisée dans les régimes, ou lorsque vous limitez simplement vos apports, sans même suivre de régime particulier…

L’effet de la restriction calorique sur le LONG TERME

Avez-vous l’impression que tous les régimes que vous avez faits jusqu’à présent vous ont permis d’avoir aujourd’hui le poids que vous souhaitiez ?

Il a été prouvé que 99% des personnes faisant un régime reprennent le poids perdu dans les 5 ans…et les 2/3 en reprennent encore plus !

Le Directeur Médical du Programme Universitaire sur la Gestion du Poids de l’Université George Washington, a déclaré que, sur 200 personnes qui commencent un régime, seulement 10 atteindront leur but. Parmi elles, une seule conservera ce poids sur le long terme. Ce qui fait un taux d’échec de 99,5% !

Une équipe d’experts de l’Université de Californie a passé en revue toutes les expériences ayant suivi des régimeurs pendant 2 à 5 ans. Toutes les études analysant l’effet des régimes sur le long terme étaient inclues.

 

Voici leur conclusion :

« Les régimes n’ont pas mené à une perte de poids durable et n’ont apporté aucune amélioration au niveau de la santé des participants. La plupart des participants se seraient mieux portés s’ils n’avaient jamais commencé de régime. Leurs corps étaient usés à force de perdre du poids et de tout regagner. Initialement, ils ont perdu 5 à 10% de leur poids mais la plupart ont regagné tout le poids qu’ils avaient perdu. »

Toutes les études sur les résultats long terme des régimes publiées ont donc conclu que les régimes étaient inefficaces pour perdre du poids.

Ils rajoutèrent :

« Une des causes les plus fréquentes de prise de poids est d’avoir suivi un régime dans les 4 années qui ont précédées cette prise de poids. »

Donc, non seulement les régimes n’apporteraient pas une perte de poids durable mais en plus ils vous feraient à terme reprendre encore plus de poids !

Pourquoi la restriction calorique ne marche PAS ?

Rappelons qu’une calorie est une unité de mesure d’énergie.

Pour faire simple, considérons que votre corps utilise 2 000 calories par jour. Cette valeur fluctuera en fonction de ce que vous faites durant la journée (exercice physique, études, activité professionnelle, etc.) mais, pour cet exemple, supposons que vous utilisez 2 000 calories chaque jour.

Vous décidez que vous allez perdre du poids en mangeant MOINS.

Vous commencez par exemple à sauter le petit déjeuner ou à ne manger qu’une salade pour le déjeuner ou à ne rien manger après 18h.

Avec vos nouvelles habitudes alimentaires vous ne consommez désormais plus que 1600 calories par jour, ce qui crée un déficit calorique de 400 calories.

Au début, même si vous avez réduit vos calories, votre corps doit continuer à satisfaire sa demande de 2000 calories par jour.

Vous commencez donc à produire un peu plus d’hormones du stress (comme l’adrénaline et le cortisol) qui sont cataboliques, c’est à dire qu’elles dégradent les cellules de votre corps pour pouvoir les convertir en énergie.

Une certaine partie de cette énergie proviendra de la graisse dont vous voulez vous débarrasser mais aussi de vos muscles, de vos tissus, de vos os, de vos organes.

Ces hormones du stress inhibent aussi le fonctionnement thyroïdien et le métabolisme d’une manière générale.

Votre corps veut faire de son mieux pour vous garder en vie et réalise qu’il y a désormais un déficit calorique par rapport à ce dont il a besoin pour fonctionner correctement.

Les hormones du stress signalent au corps qu’il a besoin de ralentir le taux avec lequel vous utilisez les calories et les nutriments, en ralentissant certaines fonctions et en arrêtant d’autres.

Au fil du temps, votre corps se réajuste pour ne brûler plus que 1600 calories par jour. C’est à ce moment que vous constatez que votre fantastique perte de poids s’arrête. Même si vous mangez moins qu’avant, vous ne perdez désormais plus de poids.

Vous décidez donc que vous n’avez utilisé qu’une partie de l’équation. Vous vous êtes occupé de votre alimentation, mais vous n’avez pas modifié votre routine sportive. Vous décidez donc de vous mettre en forme pour réussir à perdre les kilos qu’il vous reste.

Vous commencez à faire du HIIT, des Boots Camp, du Crossfit, du running, ou n’importe quel type d’activité qui vous permettrait de bien transpirer. Vous allez à la gym 5 jours par semaine parce que vous êtes dévoué et que vous vous souciez de votre santé. Vous allez vous débarrasser de ces kilos et révéler la version la plus sexy de vous-même youpi !

Votre nouvelle routine sportive vous fait brûler 400 calories de plus par jour. Vous mangez toujours la même chose, avec un déficit encore plus important et le poids recommence à descendre.

Votre corps devait précédemment accomplir toutes ses tâches avec 1600 calories, et, comme vous avez augmenté vos dépenses de 400 calories, cela signifie qu’il ne reste plus que 1200 calories à votre corps pour qu’il assure son fonctionnement.

Cela veut dire que votre corps doit utiliser davantage d’hormones du stress pour cataboliser vos cellules et combler le déficit calorique.

Et, comme la première fois, votre corps réalise qu’il ne peut pas continuer comme ça et qu’il n’y a pas assez d’énergie qui rentre pour remplir ses besoins.

Donc il s’ajuste et ralentie encore plus de fonctions pour devenir le plus économe possible.

Il a ainsi pu à nouveau équilibrer ses comptes et est désormais capable de fonctionner avec 1 200 calories.

Dans cette situation, votre corps permute ses priorités vers la survie au lieu de prospérer.

Il met sur pause toutes les fonctions qui concernent la santé à long-terme pour se consacrer à vous mettre hors de danger (oui c’est comme ça qu’il perçoit vos habitudes « saines » actuelles).

Il ralentit le fonctionnement de votre système digestif, de votre système immunitaire, de votre système reproductif, qui demandent trop de calories pour fonctionner et ne sont pas indispensables à ce moment.

Ce qui lui importe c’est d’apporter suffisamment d’énergie à vos cellules pour pouvoir tenir toute la journée.

Vous êtes donc actuellement en train de manger moins que vous ne l’avez jamais fait auparavant et vous faites du sport 5 fois par semaine.

Vous êtes fatiguée et, une fois de plus, votre poids a atteint un plateau. Vous pourriez essayer de manger encore moins mais vous avez déjà faim toute la journée.

L’idée de rajouter un jour de plus d’entrainement ne vous motive pas du tout.

Vous êtes pris au piège car vous savez que vous ne pouvez continuer comme ça mais vous ne voulez pas retourner à votre situation d’avant car, comme vous avez diminué votre métabolisme et que votre corps s’est désormais habitué à ne brûler plus que 1200 calories, dès que vous mangez plus, votre corps a du mal à gérer ses calories supplémentaires et vous prenez du poids, alors qu’avant votre poids se maintenait avec 2000 calories.

J’ai eu des clientes qui n’ont mangé que 900 calories par jour pendant des années, mais qui continuaient à prendre du poids. J’en ai aussi qui ne mangeaient que 600 calories par jour mais dont le poids ne bougeait pas. Et, malheureusement, c’est la seule chose qui ne bougeait pas car au niveau émotionnel elles étaient au plus bas, avaient des reflux acides, des ballonnements, elles perdaient leurs cheveux, n’avaient plus leurs règles, avaient tout le temps froid, n’arrivaient pas à dormir plus de 3 heures d’affilées et étaient constamment obsédées par la nourriture et le chocolat. Et, non, elles ne se trouvaient ni « minces » ni heureuses ; à leurs yeux, elles pensaient qu’elles devraient perdre plus de poids.

« La capacité du corps à brûler moins lorsque nous mangeons moins explique pourquoi les régimes traditionnels basés sur une réduction calorique échouent à 95,4 % du temps, et entraînent même un rebond de poids encore plus important. Toutes les études sur la perte de poids qui ont été menées, montrent que lorsque des personnes subissent un surplus ou une diminution calorique, elles ne gagnent ou ne perdent jamais la quantité de gras prédit mathématiquement. Le corps ne fonctionne pas de cette manière. »

« Jetons un coup d’œil à une étude qui a suivi environ 49 000 femmes pendant 8 ans réalisée grandeur nature : la « Women’s Health Initiative ». Comme dans notre expérience, les femmes du premier groupe ont mangé en moyenne 120 calories en moins par jour que celles du deuxième groupe. Cela fait donc 350 400 calories de moins. Combien ont perdu au bout de 8 ans les femmes qui ont mangé 350 400 calories de moins ? La réponse : 300 grammes.

Ce n’est pas une erreur. Manger 350 400 de moins a eu moins d’1% l’impact prédit par la théorie mathématique des calories. Manger moins n’apporte pas une perte de gras DURABLE car cette approche suppose de façon incorrecte que consommer moins de calories force notre corps à brûler du gras. Cela a été cliniquement prouvé comme étant faux. Manger moins ne nous force pas à brûler de la graisse. Cela nous force simplement à brûler moins de calories. C’est pourquoi les régimeuses sont fatiguées et irritables toute la journée. Leur corps et leur cerveau se mettent au ralenti. Quand on apporte à notre corps moins de calories que nécessaire, celui-ci met en place un mécanisme de protection très efficace : brûler les calories plus doucement.

Pire que ça, si nous n’ingurgitions toujours pas assez d’énergie, notre corps cannibalisera du muscle, et non de la graisse. Les études montrent que 70% de la perte de poids ne provenant pas de l’eau proviendrait des muscles et des tissus sains. »

Jonathan Bailor : The Calorie Myth: How to Eat More, Exercise Less, Lose Weight, and Live Better

Poids « set-point » : N’essayez pas de gérer quelque chose que votre corps sait gérer MIEUX que vous !

Le set-point est la quantité de graisse dont votre corps a besoin pour fonctionner de manière optimale, qu’il essaye de maintenir de manière automatique, peu importe la quantité de calories que nous consommons ou que nous brûlons.

 

«  Ce poids naturel est l’endroit où votre corps fonctionne le mieux et c’est le poids que votre corps est censé faire selon votre patrimoine génétique. Tout comme vous avez une taille ou une pointure prédéterminée, vous avez également un poids biologique prédéterminé ou un set-point que votre corps essaye de défendre. »

Sources : The Overcoming Bulimia Workbook: Your Comprehensive Step-by-Step Guide to Recovery

 

Votre corps possède donc son propre « set point », un poids naturel optimal, qu’il PEUT et VA défendre, notamment à travers vos sensations de faim et de satiété et vos envies.

Essayer volontairement de descendre en dessous de votre set-point aura des conséquences négatives sur votre santé mentale et physique. Votre corps fera tout son possible pour vous garder dans la fourchette de son set-point.

Votre corps possède des mécanismes de rétrocontrôle très puissants. Il est constamment en train de s’ajuster au message qu’on lui envoie, messages basés sur les quantités que vous mangez, sur la régularité de vos repas, sur la quantité de sport que vous faites, sur les émotions que vous ressentez, etc. Sa principale priorité est de vous garder en vie.

Un corps en bonne santé qui n’a subi ni trouble alimentaire, ni restriction calorique, reste généralement facilement à son « set-point », sans intervention consciente de votre part.

« Votre corps maintient sa masse graisseuse sans faire de calcul compliqué dans sa tête. Il est doté d’une biochimie interne (un système hormonal sophistiqué et certaines régions du cerveau) qui fait ces « calculs » pour vous, inconsciemment.

Quand tout ça fonctionne normalement et que l’on ne cherche pas à le contrôler ou à intervenir, ce système défini nos apports énergétiques en fonction de nos dépenses, assurant une masse graisse stable et saine. Il réalise cela notamment en contrôlant nos comportements envers la recherche de nourriture et à travers nos sensations de satiété. Il gère aussi nos dépenses énergétiques par la production de chaleur et par nos désirs de mouvements physiques. Si vous mangez un peu plus que d’habitude à un repas, un système qui fonctionne normalement dira « mangeons un petit peu moins la prochaine fois et brûlons un petit peu plus ». C’est pour cela que les animaux, dans leur habitat naturel, ont quasiment tous un poids approprié (sauf en cas de famine). Le seul moment où les animaux sauvages ont un surpoids pouvant compromettre significativement leur performance physique, est lorsqu’il a un rôle important, comme en préparation d’une hibernation par exemple.

Source : Wholehealthsource

Nos corps sont BIOLOGIQUES, et non mathématiques. Ce genre d’équation (calories rentrantes VS calories sortantes) n’est pas appropriée pour le corps humain. Ce n’est pas aussi simple que ça. Les mécanismes de régulation du poids dépendent de bien plus de choses que ce que vous mangez et ce que vous dépensez. C’est une biochimie interne composée d’une dizaine d’hormones qui gère ce processus.

« Notre set-point est déterminé par une série de signaux hormonaux libérés par notre intestin, notre pancréas et nos cellules graisseuses, qui voyagent jusqu’à l’hypothalamus dans le cerveau. Le cerveau régule ensuite combien nous mangeons, combien de calories nous brûlons, et combien de graisses nous devons stocker sur le long terme, par le biais de diverses hormones et neurotransmetteurs, comme la sérotonine, la leptine et la ghréline. Notre poids set-point fait référence au niveau de graisses stockées que notre corps essaye de maintenir de manière automatique malgré la quantité de calories que nous consommons ou que nous brûlons. Notre set-point explique pourquoi il est si dur de ne pas reprendre le gras perdu par le biais des régimes traditionnels et de l’exercice physique. »

Jonathan Bailor : The Calorie Myth: How to Eat More, Exercise Less, Lose Weight, and Live Better

À chaque fois que vous mangerez plus que votre appétit, votre corps luttera contre ce surplus en vous envoyant des signaux hormonaux qui :

  • Augmenteront votre taux métabolique ;
  • Diminueront votre faim ;
  • Augmenteront votre énergie physique ;
  • Augmenteront votre pouls ;
  • Augmenteront votre température corporelle ;
  • Augmenteront votre taux de lipolyse (dégradation des graisses).

…et ce pour vous maintenir à votre set-point naturel.

« Examinons d’abord comment notre alimentation est normalement régulée. […] Ce qui fait l’objet d’une régulation n’est pas le poids lui-même, mais le taux de masse graisseuse du corps. Une masse grasse optimale (correspondant à un poids optimal) serait donc programmée dans ce mécanisme de pondérostat.

Une alimentation surabondante aboutit à une augmentation de la masse grasse du corps et aussi, corrélativement, à une augmentation de la sécrétion d’insuline par le pancréas. L’augmentation de l’insuline sanguine agit sur la région ventromédiane de l’hypothalamus ; il en résulte une diminution de l’envie de manger et une augmentation parallèle de l’utilisation des graisses préalablement stockées. On se met donc à perdre le surplus de graisses précédemment acquis. Lorsque la masse grasse diminue en dessous d’un certain seuil, une réaction inverse s’amorce : l’appétit augmente, les graisses sont moins utilisées, jusqu’à reconstitution du stock. […]

La valeur hédoniste des aliments, c’est-à-dire le plaisir que nous prenons à les manger, varie elle aussi en fonction de l’état de dénutrition : ainsi les aliments très sucrés seront jugés bons lorsqu’on sera en état de dénutrition, puis de moins en moins bons au fur et à mesure qu’on sera rassasiés.

Comment ces différents facteurs influent-ils sur nos prises alimentaires ? Le premier moyen de régulation, la corrélation postprandiale, consiste à avoir faim plus tôt après un repas qui a apporté un total énergétique insuffisant, ou plus tard dans le cas inverse. Nous apprécions à un moment donné les aliments qui apportent à l’organisme ce dont il a besoin. »

Extrait du livre « Anorexie Boulimie Obésité » de Gérard Apfeldorfer

Le plus performant des compteurs caloriques est celui dont est naturellement doté votre corps, qui agit inconsciemment, et qui est régulé par vos sensations de faim et vos envies. Personne ne peut être aussi proche de la perfection que votre corps même.

Le set-point est un système biologique précis et puissant qui maintient votre poids dans une fourchette relativement étroite.

Et devinez quoi ? Cette biochimie hormonale se dérègle totalement lorsque l’on se sous-alimente/se surentraîne de manière chronique. À chaque fois que le corps n’est pas suffisamment nourri, le set-point qu’il cherchera à maintenir va AUGMENTER.

L’image ci-dessus illustre bien comment nous apprenons à notre corps à devenir un stockeur de gras et à définir un set-point un peu plus haut à chaque régime. La quantité de gras dont le corps a besoin pour fonctionner augmente après chaque régime.

Essayer de manger moins pour perdre du poids c’est un peu comme essayer de dormir moins pour faire plus de travail. Cela peut marcher sur une courte durée, mais ce ne sera pas soutenable (ni sans conséquence).

Vous ne pouvez aller contre votre biologie. Vous ne pouvez décider de combien vous souhaiteriez dormir ou de combien vous souhaiteriez manger ou peser. Votre corps ne travaille jamais contre nous. Il ne VEUT PAS être en surpoids autant qu’il ne veut pas dormir moins. Mais, quand nous cherchons à intervenir volontairement, cela perturbe son équilibre.

Pourquoi l’IMC (Indice de Masse Corporelle) est inapproprié et inutile

L’IMC est une formule censée montrer l’équilibre entre la taille et le poids d’une personne, et censée indiquer si une personne se situe au-dessus, en dessous ou dans la tranche des poids « normaux ».

L’IMC indique qu’entre 19 et 25 le poids est normal, qu’en dessous de 19 une personne serait en sous-poids, qu’au-dessus de 25 en sur-poids et qu’au-dessous de 17,5 en sous-poids sévère.

Cependant, cet indicateur n’est pas vraiment pertinent, et ce pour deux principales raisons :

1.IL ne fait pas la différence entre le gras, les os et la masse musculaire :

L’IMC ne tient pas compte des proportions relatives de masse osseuse, de masse musculaire et de masse graisseuse du corps. Les os sont plus denses que les muscles et deux fois plus denses que le gras, donc une personne avec des os costauds, une bonne tonicité musculaire et peu de gras aura un IMC élevé. Un IMC élevé ne veut pas forcément dire qu’une personne est en surpoids ou obèse. Par exemple, sur la photo de droite on peut clairement voir que la fille a plus de muscles à droite et a l’air plus mince que sur la photo de gauche. Mais pourtant elle pèse plus, car les muscles pèsent plus lourd.

2.IL NIE L’EXISTENCE DE LA DIVERSITÉ CORPORELLE ET DU SET-POINT :

L’IMC indique le poids d’une personne et non son niveau de santé. Il y a autant de personnes métaboliquement saines dans la tranche des IMC de 30 à 40 que de personnes qui ne le sont pas. [J Kuk et al., 2009 ; RP Wildman et al., 2008]

Nous avons tous des set-point différents. Certaines personnes peuvent être saines avec un IMC de 18 alors que d’autres peuvent jouir d’une très bonne santé avec un IMC de 27.

 

Voici 3 exemples illustrant bien la théorie du set-point et l’inéfficacité de l’IMC :

Exemple 1 : Mathieu a un IMC naturel de 19, mais il veut prendre du poids. Il commence donc un régime dans cette intention. Il ingurgite de grosses quantités de nourriture, même s’il n’a pas aussi faim que ça. La vue de nourriture commence à le dégoûter et il finit par se faire des milkshakes super caloriques pour pouvoir manger beaucoup et rapidement. Il continue ce gavage forcé pendant des mois et il atteint enfin son objectif : un IMC de 21. Puis il se remet à manger en fonction de ses sensations de faim en espérant pouvoir maintenir son nouveau poids. Mais quelques mois plus tard, à son grand désespoir, il se rend compte qu’il est retombé à un IMC de 19, sans ne pratiquer aucune restriction volontaire. Il ne comprend pas, il mange toujours deux fois plus que certains de ses amis (mais moins que pendant son régime de gavage) mais il est redevenu le mec maigre de la bande. Finalement, Mathieu réalise qu’il est biologiquement maigre et il l’accepte.

 

Exemple 2 : Caroline a un IMC naturel de 25,5. Un jour elle visite une (stupide) page de fitness avec des photos de filles très minces et avec un calculateur d’IMC (encore plus stupide). Elle découvre qu’elle est cliniquement « en sur-poids » et a la mauvaise idée de commencer un régime, même si elle est une femme normale et saine que personne ne voit comme « grosse ». Elle se met à manger seulement 1500 calories par jour et à courir quotidiennement. Elle a très faim, mais ne veut pas en tenir compte. Elle descend à un IMC de 23. Elle réalise que rien de magique ne se produit avec son image corporelle, qu’elle manque toujours autant de confiance en elle, et que sa vie ne change pas avec un IMC plus bas. Par contre, elle se sent mentalement et physiquement épuisée. Elle est obsédée par la nourriture, dors mal, est irritable, a tout le temps froid et plus rien ne semble vraiment l’intéresser. Elle se dit donc que ça a assez duré. Elle recommence à écouter sa faim. Elle ressent une sorte de faim sans fin et passe par des phases où elle mange 3500 calories par jour, voire plus. Après 2 mois, elle revient à son IMC de 25,5. Sa faim s’est stabilisée et elle se sent à nouveau elle-même. Elle accepte le fait qu’elle ait naturellement des courbes et décide qu’elle ne fera plus jamais de régimes.

 

Exemple 3 : Mon chat a un IMC naturel (que je ne saurais calculer !). Il le maintient en mangeant sans compter ses calories et en écoutant sa faim, enfin je pense 😉

 

 

« Si maigrir par le jeûne et la restriction oblige à lutter contre les processus biologiques de régulation du poids, ce qui est quasi impossible à terme, il en va de même de l’hyperphagie : prendre du poids volontairement, au-delà de son poids d’équilibre, se révèle aussi difficile, sinon plus, qu’en perdre, comme en témoignent les efforts souvent vains des individus maigres congénitaux pour devenir plus enrobés. Dans les deux cas les résultats sont peu durables : ceux qui se sont forcés à maigrir regrossissent tandis que ceux qui se sont forcés à grossir remaigrissent…»

– Extrait du livre « Anorexie Boulimie Obésité » de Gérard Apfeldorfer

Vous n’avez pas à être cliniquement en sous-poids pour être considéré en « sous-poids » par rapport à votre set-point. Une personne avec un IMC de 30 peut être autant en « sous-poids » qu’une personne avec un IMC de 20.

Le poids est un trait hautement héréditaire et essayer de le maintenir en dessous de son niveau hérité génèrera une déplétion d’énergie cumulative à travers le corps.

Vous ne pouvez PAS décider de votre poids idéal !

Seul votre corps peut décider du poids qui serait sain pour lui, en fonction de sa situation actuelle.

Il y a des moments où il aura besoin de maintenir un set-point plus élevé pour fonctionner de manière optimale (puberté, grossesse, après un TCA ou un régime, lors d’une période de stress ou d’un manque de sommeil, etc.)

Beaucoup de gens pensent qu’ils peuvent choisir le poids qu’ils voudraient peser.

Nous nous comparons souvent à d’autres personnes. Nous nous « inspirons » de ces personnes et décidons que c’est ce à quoi nous devrions ressembler. Nous cherchons même à savoir comment mangent ces personnes en pensant que, si nous nous mettons à manger comme elles, nous leur ressemblerons.

Il est difficile d’accepter que nous avons tous et toutes des corps et des set-point différents. Certaines ont des hanches plus larges, certaines une poitrine généreuse, certaines des jambes très fines, certaines une taille plus épaisse, tout comme certaines ont des nez longs ou des yeux globuleux.

Certaines ont un IMC de 21, d’autres de 24, d’autres de 29, et sont parfaitement saines, sans avoir un passé de troubles alimentaires ou des problèmes de santé.

Même si à un moment vous arrivez à atteindre un poids faible, cela ne veut pas dire que c’est votre poids optimal et qu’il durera.

Si vous n’êtes pas capable de maintenir ce que vous faites pour le reste de vote vie alors cela ne « marchera » pas !

Se surentraîner, limiter ses calories, supprimer des aliments que vous aimez, craquer sur des aliments « interdits », avoir des crises de boulimies, n’est pas selon moi une manière saine et durable d’obtenir un poids sain et durable.

Alors que faire ?

Mon meilleur conseil est : Ne pas interférer avec un processus que votre corps gère tout seul. Haha ! Non mais sérieusement.

Si vous pensez que vous ne vous trouvez pas DÉJÀ à votre set-point naturel, vous pouvez commencer par essayer de comprendre pourquoi votre corps semble vouloir maintenir un set-point plus élevé (passé de régimes et de TCA ? Manuqe de calories et/ou de glucides ? Manque de sommeil ? Déséquilibres hormonaux ? Etc.).

Vous pouvez ensuite essayer de savoir comment vos cellules utilisent l’énergie que vous leur apportait puis trouver un moyen d’optimiser votre métabolisme en les transformant en de puissantes centrales brûleuses d’énergie, et, d’après mon expérience, cela ne passe PAS par une réduction calorique ou par la suppression de certains macronutriments indispensables comme les glucides.

La perte de poids n’est pas quelque chose que vous pouvez traiter de manière isolée. Tant que vous ne vous focaliserez QUE sur l’apparence de la santé (le poids) votre santé sur le long terme et votre métabolisme en souffriront.

Et, si vous avez des comportements alimentaires anormaux ou que vous sortez d’un trouble alimentaire, vous devez déjà normaliser vos comportements alimentaires et arrêter de faire le yo-yo pour être en mesure d’atteindre votre set-point. Avec le temps, votre corps trouvera le poids auquel il est le plus confortable et celui qu’il peut facilement maintenir, sans que vous ayez à compter vos calories, à vous limiter, à sauter des repas, ou à vous tuer au sport.

Conclusion

Il y a plusieurs raisons qui font que les régimes et la restriction calorique ne marchent PAS sur le long terme. Obtenir une perte de poids durable ne revient pas à « Manger moins pour brûler plus ».

En fait, manger moins encourage tous les mécanismes qui régulent le stockage du gras vers le haut. Votre corps se rebellera si vous décidez de descendre en dessous de votre set-point actuel (et programmé) en diminuant votre métabolisme, en augmentant le nombre de vos cellules graisseuses (mécanisme de protection), en catabolisant vos muscles et en vous rendant enclin aux crises de boulimies et aux obsessions alimentaires.

Si vous arrivez à maintenir votre poids seulement en limitant vos apports et en devant faire du sport quotidiennement, alors vous n’êtes sans doute pas à votre set-point et vous aurez, tôt ou tard, un retour de bâton.

Vous devez trouver une manière de vivre, de manger et de bouger que vous pouvez facilement continuer, pour le reste de votre vie.

Certains passages de cet article sont tirés de mon programme "PEACE AND LOVE…FOOD" ! Si vous voulez aller plus loin et découvrir comment faire définitivement la paix avec la nourriture et avec votre corps, n'hésitez pas à nous rejoindre pour découvrir tous les outils que j'utilise avec mes clientes !

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