Ces youtubeuses, influenceuses et fitspo qui nous détruisent

21 Avr 2017 | Positivité corporelle, Troubles alimentaires | 9 commentaires

Après avoir raconté comment les blogueuses culinaires « healthy » avaient nourri mon trouble alimentaire, j’aimerais dans cet article partager mon avis sur les images et les messages soutenus actuellement par l’industrie du bien-être, par les youtubeuses fitness, les influenceuses et les fitspo et l’impact qu’ils peuvent avoir sur la santé physique et mentale des personnes qui les regardent de manière quotidienne…

Une définition superficielle du «bien-être» et de la «santé»

 

Si vous visitez le blog ou le profit d’un influencer ou d’une influenceuse, vous serez sans doute inondé de photos de femmes minces et musclées, de programmes sportifs intenses, de thé détox et de cure de jus.

Le résultat ? Une interprétation dangereuse et étroite de ce que sont le « bien-être » et la « santé ».

Depuis quand des images d’alimentation stricte et restrictive et des taux de masse grasse incroyablement bas évoquent les termes « bien-être » et « santé » ??

À travers ces images, deux choses se produisent : on nous fait croire qu’un corps qui ne rentre pas dans cette vision réductrice de la santé n’est pas sain et nous pensons que nous sommes hypocrites si nous valorisons la « santé » et le « bien-être » mais ne l’incarnons pas.

Mes lectrices partagent souvent avec moi la honte qu’elles éprouvent vis-à-vis de leurs habitudes. Elles me disent :

« J’ai l’impression d’être un imposteur. Mes amies m’ont toujours admiré pour mon corps et ma santé mais ne savent pas ce que je fais à mon corps. » (en référence aux compulsions alimentaires, aux compensations par le sur-entrainement ou aux repas sautés)

Ou bien :

« Comment les gens vont-ils me prendre au sérieux en tant qu’entraineur/que coach/que prof de yoga/que nutritionniste avec ce corps ? » (en référence à leur corps NORMAL).

Parce que nous avons la fausse croyance que, si nous étions plus mince, nous serions plus crédible, plus digne ou plus méritante.

Réseaux sociaux VS réalité

 

Déjà, il faudrait réaliser que le plus souvent (mais pas toujours) les « social influenceuses » ne se montrent que sous leur meilleur jour, et que la plupart (mais pas toutes) sont refaites et/ou photoshopées.

Je vois tellement de personnes qui se sous-estiment et qui sous-estiment leur propre chemin, en se comparant constamment aux meilleurs jours des autres et à des versions photoshopées.
Nous nous remettons en question et nous nous demandons si nous sommes assez jolie, assez mince, assez musclée, assez saine, assez drôle, assez intelligente, assez compétente, assez populaire, assez créative, assez performante…les comparaisons peuvent être infinies. Et les réseaux sociaux peuvent nourrir la comparaison à un niveau qui devient destructeur.

Une followeuse : « Si seulement je pouvais me réveiller et être aussi belle que @GinaShkeda je serais la femme la plus heureuse du monde #beauténaturelle »

GinaShkeda : « Meuf j’ai des sourcils micro-pigmentés, des extensions de cils et des injections dans les lèvres – Je ne ressemble même pas à ça. Tu es déjà parfaite. »

L’envers du décor

 

Par contre, quand vous feuilletez le profit d’une influenceuse connue, il y a certaines choses que vous ne voyez PAS :

  • La culpabilité ressentie après avoir mangé une pâtisserie ou un paquet de gâteau entier ;
  • La colère quand leur partenaire achète et mange devant elle des aliments « interdits » ;
  • Les nuits blanches passées à se demander comment elles pourraient être encore plus minces, encore plus musclées et avoir encore plus de likes ;
  • L’anxiété de perdre un jour l’intérêt des autres si le corps qu’elles se sont construit change ;
  • L’absence de cycle menstruel ;
  • Les troubles digestifs et le mal-être ressenti dès que leur ventre n’est plus totalement plat (oui parce qu’il y a filles qui croient que sortir d’un repas avec un ventre rond est anormal) ;
  • La culpabilité d’avoir loupé une séance d’entraînement ;
  • Les crises de boulimie puis la compensation par le sport, les laxatifs, les jeûnes ou les vomissements ;
  • Les séances de sport tout en étant blessées, endolories ou encore courbaturées de la veille ;
  • L’obsession d’avoir l’air la plus parfaite possible ;
  • La culpabilité, encore ;
  • La honte, encore ;
  • Les conflits, encore ;
  • Les peurs, encore ;
  • Les obsessions physiques et alimentaires, encore ;
  • L’auto-jugement et les jugements envers les autres, encore.

Et, chez celles qui ont « la chance » et le « privilège » de ne pas connaître tout ça, nous ne voyons pas les influences génétiques et le taux métabolique avantageux avec lesquels elles sont nées. Nous ne voyons pas que leurs gènes leur permet de fonctionner de manière optimale avec un set-point naturellement bas.

Nous ne voyons pas également les millions d’hommes et de femmes (cf. « Health At Every Size ») qui ont un IMC suggérant qu’ils sont « en sur-poids » et qui ont pourtant une alimentation nutritive et une routine sportive saine et une pression artérielle, une fréquence cardiaque, un taux de cholestérol, un système hormonal, et d’autres marqueurs de santé, SAINS.

Nous ne voyons pas que le « bien-être » c’est aussi la diversité, la cellulite, les ventres mous, les desserts, et les jours de repos.

Le cas Essena O’Neill : une superficialité destructrice

 

Aux yeux des internautes, Essena, 18 ans, avait une vie parfaite. Corps de rêve, vacances à Los Angeles, vêtements fashion… L’Australienne partageait avec les 720.000 abonnés de son compte Instagram les coulisses de son quotidien d’icône du web.

Jusqu’en octobre dernier où la jeune fille efface brusquement 2 000 photos qu’elle avait soigneusement postées depuis des années. Le 2 novembre, en pleine crise de conscience, elle lance un appel en ligne et annonce qu’elle quitte Youtube, Tumblr et Instagram.

Motif : elle accuse les réseaux sociaux de « promouvoir une perfection artificielle pour attirer l’attention ». Elle ajoute : « Sans m’en rendre compte, j’ai passé la majorité de mon adolescence en étant accro à mon apparence physique, aux réseaux sociaux, en recherchant leur constante approbation », « Je vivais une vie en 3D. Ma vie était basée sur la validation des autres. Aujourd’hui, je quitte ces plateformes et je me concentre sur les projets de la vie réelle. ». Elle qui gagnait pourtant plus de 1 300€ par post sponsorisé…

Avant que son compte Instagram ne soit supprimé, Essena a modifié les légendes de toutes ses photos, levant le voile sur les coulisses de SA vie d’Instagrameuse. On pouvait lire des choses comme :
« Ce n’est pas la vraie vie. La seule raison pour laquelle nous sommes aller à la plage ce matin était pour shooter ces bikinis car l’entreprise m’a payé et aussi parce que j’ai l’air bien selon les standards de la société actuelle. Je suis née en ayant gagné à la loterie génétique. Pour quelle autre raison aurais-je posté cette photo ? Lisez entre les lignes ou demandez vous : Pourquoi quelqu’un publie une photo… Quel est le résultat pour eux ? Apporter du changement ? Avoir l’air sexy ? Vendre quelque chose ? Je pensais que j’aidais les jeunes filles à devenir minces et saines. J’ai réalisé à 19 ans seulement que placer l’estime que l’on a de soi dans notre apparence physique est si limitant ! J’aurais pu écrire, voyager, jouer, tout ce qu’il existe de beau et de vrai… Et ne pas essayer de valider l’estime que j’avais de moi-même par le biais d’un shooting pour bikini. »
« C’est ce à quoi ressemble une addiction à l’apparence, aux réseaux sociaux, et à l’approbation des autres. Notre corps physique ne défini pas la personne que nous sommes. J’ai gagné à la loterie génétique. Ces paroles ne sont pas originales, d’autres l’ont dit avant moi et d’autres le disent mieux que moi. Mais vous m’écoutez par ce que j’ai l’air jolie. Ça craint. »
« Ventre rentré, pose stratégique, poitrine remontée. Je veux que les jeunes filles comprennent que c’est n’est pas quelque chose de spontané, de cool ou d’inspirant. C’est juste de la perfection artificielle pour attirer l’attention ».
« J’avais de l’acné ici mais aussi beaucoup de maquillage. Je souriais car je pensais être jolie. Un bonheur qui repose sur l’esthétique asphyxie votre potentiel ici sur terre ».
« Il n’y a rien de zen à essayer d’avoir l’air zen, à prendre une photo de vous montrant que vous essayez d’être zen, et à prouver que vous êtes zen sur Instagram. »
« Une jeune fille de 15 ans qui restreint ses calories et fait du sport de manière excessive, n’est pas un objectif (#nogoals). Toute personne accro à la gloire des réseaux sociaux comme je l’étais n’est pas dans son état normal. »
« La seule chose qui m’a fait me sentir bien ce jour là était cette photo. C’est vraiment désespérant. Avoir un corps tonique n’est pas la seule chose que nous, en tant qu’être humain, sommes capables de faire. »
« Cette jupe est mon obsession. Comprenez : mon ventre est mon obsession. »
« Et encore une autre photo prise pour promouvoir mon corps de fille de 16 ans. Toute mon identité résidait la dedans. C’était si limitant. Cela me rendait incroyablement peu sûre de moi. Vous n’avez même pas idée. »
« S’IL VOUS PLAÎT VALIDEZ MES EFFORTS POUR AVOIR L’AIR SEXY AVEC MES FESSES COMME ÉTANT L’INTÉRÊT DE CETTE PHOTO. J’aurais aimé qu’à 16 ans quelqu’un me secoue et me dise « tu as bien plus de choses en toi que ta sexualité ». Je pensais que les autres ne voulaient que ça, que c’est ce qui me rapporterait des likes, que c’est ce qui était cool selon moi. Il n’y a rien de cool à ça. C’est une photo prise pour faire en sorte que les gens aiment une photo. Il n’y a rien d’inspirant là dedans. Les réseaux sociaux sont une illusion. »
« Post sponsorisé pour un auto-bronzant. Je ne portais que des vêtements de sport pour la photo. Qu’est ce que cela nous inspire ? Que nous devons être mince pour être saine ? Que nous devons être née avec une morphologie mince et avoir gagné à la loterie génétique ? Que nous avons à peindre notre corps et notre visage pour avoir l’air mieux pour une photo ou pour le « monde réel ». Si votre monde est si réel, pourquoi ressentez vous le besoin de changer votre apparence extérieure ? Pour des attentes et des approbations sociales. Il a bien plus intéressant pour un humain que d’avoir l’air sexy. »

Placer son identité dans des caractéristiques physiques = insécurités

 

Les légendes d’Essena peuvent ne pas avoir beaucoup de sens à vos yeux. Comment quelqu‘un avec un tel physique peut prétendre être aussi peu sûre de soi ?

En fait, si l’estime que l’on a de soi et notre identité reposent sur quelque chose d’aussi artificielle que son corps, cela veut typiquement dire que nous doutons de nous à un niveau bien plus profond. Nous doutons de nous en tant que personne.

Pour se réveiller le matin et baser l’estime de vous avez de vous sur un nombre de likes ou sur les lignes qui sont sur votre ventre (#sixpack), vous devez probablement avoir l’impression que c’est la seule raison pour laquelle les gens vont approuver qui vous êtes. Et vous aurez également constamment peur de ce qui arrivera si ce corps change (ce qui, pour une jeune fille de moins de 25 ans, se produira forcément.)

Nous devons réévaluer la définition de nos attentes. Même si Essena a changé les légendes de ses photos, tout le monde ne doit pas obligatoirement faire la même chose.

Certes nous voulons toutes nous sentir au mieux mais pourquoi ne pas transformer votre objectif d’avoir « des épaules plus dessinées » en objectif de faire 10 pompes d’affilées sans s’arrêter ?

Je vous promets que RIEN dans votre vie ne va changer quand vous aurez un six-pack.

Par contre quelque chose de vraiment cool se produira quand vous trouverez une activité, un sport ou même un job que vous adorez faire.

Quelque chose changera quand vous ferez des rencontres sincères et épanouissantes (que ce soit en faisant cette activité que vous aimez ou ailleurs).

Quelque chose changera quand vous participerez à votre première compétition de crossfit, que vous courrez votre premier marathon, que vous lancerez votre entreprise ou que vous écrirez votre premier livre.

Vous gagnerez en confiance et vous aurez un nouveau regard sur la vie.

Et peut être qu’en chemin votre apparence physique changera, mais ce n’est PAS ce sur quoi votre intention devrait être portée.

fitspo et fitgirl : mieux que les thinspo ?

Les fitspo sont devenues la marque de fabrique de beaucoup de fit girls, qui érigent le « strong » en nouveau « skinny ».

Les fitspo sont censées être une alternative saine aux « thinspo » (inspiration pour être mince).

Le plus souvent, elles s’y immortalisent en brassière de sport et leggings floqués, ou en bikini échancré.

La pose, elle, est étudiée : les muscles sont saillants, les abdominaux contractés, le fessier bombé savamment mis en valeur.

Des silhouettes qui laissent rêveuses bon nombre de femmes… Adolescentes et mères de famille aiment, commentent et s’extasient devant les images, qu’elles consomment de manière quasi-compulsive.

Mais les fitspo posent plusieurs problèmes selon moi…

Premièrement, comme j’en ai déjà parlé, pour beaucoup de personnes être vraiment sèche est extrêmement difficile à obtenir et dur pour le corps.

Nous ne sommes pas toutes conçues pour fonctionner de manière optimale avec des veines apparentes et des abdos dessinés, et un coach ou une fitspo qui vous fait croire le contraire n’a clairement aucune notion en physiologie humaine et nie l’existence d’un set-point propre à chacun (oui nous avons toutes et tous un taux de masse grasse prédéfini qui nous permet de fonctionner de manière optimale).

Mais laissons la santé de côté pendant quelques secondes et supposons que le corps fitspo EST un corps sain pour tout le monde. Même avec ça, quel message l’image fitspo renvoie ? Que nous devrions toutes être minces, sèches et musclées pour être heureuses (et bronzées, luisantes, avec une poitrine plantureuse, hein ?)

Donc comment devriez-vous vous sentir vis-à-vis de vous même si vous n’êtes pas ainsi ? Quid des femmes très blanches, sans poitrine, six-pack ou fesses bombées ?

Devraient-elles penser qu’elles ne sont pas assez biens ? Pas assez minces ? Pas assez musclées ? Qu’elles ne s’entrainent pas assez ? Que c’est de leur faute et qu’elles se trouvent trop d’excuses ?

Si ces images sont ce que nous regardons et ce à quoi nous nous comparons, ce sont elles qui deviennent les standards à partir desquelles nous nous mesurons.

Donc l’objectif des fitspo (qui est de motiver et de nous nous faire nous sentir bien) et le sentiment que la plupart d’entre nous ressent après avoir regardé ces fitspo sont en réalité totalement opposés.

En plus de ça, certains de ces messages qu’ils soient « les vraies femmes ont des courbes » ou « les vraies femmes ont des muscles » sont extrêmement insultants et discriminants pour les femmes qui n’ont pas de courbe ou pas de muscle. Dire à une femme qu’elle n’est pas une « vraie femme » parce qu’elles n’a pas de formes est méchant et humiliant.

En résumé : tout message clamant que les femmes « devraient » être minces, pulpeuses, musclées, plantureuses, sèches, fermes, ou je ne sais quoi est une belle c******.

La société ne devrait pas nous dire ce à quoi nos corps devraient ressembler et nous ne devrions pas rabaisser les femmes qui ne sont pas comme nous pour nous sentir mieux, que nous soyons minces ou pulpeuses.

Le cas de la youtubeuse Horia : « Une fixette sur mon poids »

 

Horia est une youtubeuse française qui compte presque 2 millions d’abonnés et qui a elle aussi été touché par cette folie médiatique. En avril 2015, elle poste une vidéo sur le sujet dans laquelle elle raconte sans tabou comment, elle aussi, est devenue addict aux posts des fit girls.

Pour cette jeune adolescente à peine majeure à l’époque, la passion s’est très vite muée en une véritable obsession, devenue incontrôlable. 

« Pendant une semaine, explique-t-elle à ses abonnés, je n’ai pas pu poster de vidéos parce que je supportais plus ma gueule. On a tous des moments comme ça, mais là, c’était plus important : j’ai fait une fixette sur mon poids. »

Elle rajoute : « J’étais bien dans ma tête, ça allait. » Mais « à force de voir des trucs sains, des comptes de motivation Twitter, des photos sur Instagram de meufs en maillot de bain [qui] ont des abdos on dirait des échelles, des boobs énormes et des cuisses toutes fines »,

Horia a pourtant fini par se « dégoûter dans le miroir », à « complexer de malade ». Elle a perdu des kilos (mais ce n’était jamais assez), a commencé à compter ses calories, à ne plus vivre que pour « faire du sport ».

Devant sa caméra, la youtubeuse apparaît parfois honteuse, comme coupable d’avoir cédé au culte du corps 2.0.

Mais elle estime pour autant que la responsabilité est partagée, incriminant toutes ces pages où « graines », « légumes », « healthy » et corps musclés la faisaient chaque jour culpabiliser.

« C’est hyper bien de vouloir manger sain […] de vouloir faire du sport, j’adore ça. Mais il y a un moment où il faudrait arrêter de faire croire à des gens qui n’ont pas de poids à perdre qu’ils ont du poids à perdre ». « Je ne sais pas comment on en est arrivés là », déplore-t-elle.

Même avec les meilleures intentions possibles, sans faire mention de régime, de perte de poids, et sans culpabilisation volontaire, la nature même des réseaux sociaux pousserait leurs utilisateurs à atteindre des « degrés extrêmes ».

Des spécialistes ont même conclu que le simple fait d’exposer des silhouettes fines et toniques (objectif potentiellement inatteignable pour la “femme moyenne”), pourrait être à l’origine d’humeurs négatives, d’insatisfaction vis-à-vis de son corps, et de baisse de l’estime de soi.

Des sentiments qui amèneraient parfois à développer des troubles comme l’anorexie ou la boulimie, qui touchent déjà plus de trente millions de personnes dans le monde.

Et quand on voit les milliers de commentaires sous la vidéo d’Horia de jeunes filles disant vivre la même chose, il est pour moi aujourd’hui indéniable que cette tendance quasi-obsessionelle du « healthy » et du « fitness » favorisent le développement de troubles du comportement alimentaire (TCA) et/ou pousse à la pratique d’exercice physique compulsif.

ce que j’ai envie de leurs dire

 

Vous êtes appelés des « influenceurs » pour une raison : vous influencez les décisions, les actions et les croyances qu’ont les autres vis-à-vis de ce qu’ils valent.

Je sais que vous êtes aussi sur votre propre chemin d’acceptation, mais s’il vous plaît, prenez conscience du pouvoir que vous avez, et défendez une représentation du « bien-être » plus sûre, plus inclusive et plus réaliste.

Quand vous postez vis-à-vis de votre jeûne à l’eau (histoire vraie), de vos repas cétogénique, de votre cure de jus vert, de vos entraînements #noexcuses, ou quand vous laissez votre trouble alimentaire reprendre le dessus de vos réseaux sociaux, vous approuvez une industrie basée entièrement sur l’idée que nous ne sommes pas assez bien comme nous sommes, vous y compris.

Il n’y a rien de mal à apprécier certains aliments plus que d’autres et à s’entrainer avec un état d’esprit d’amour et de bienveillance.

Mais il y a quelque chose qui ne va pas quand vous trompez des followers vulnérables en leur faisant croire que leur corps peut être aussi sec que le vôtre.

Il y quelque chose qui ne vas pas quand vous leur apprenez à tromper et manipuler leur corps et à « reprendre le dessus » sur lui.

Il y a quelque chose qui ne va pas quand vous limitez le « bien-être » aux abdos et aux macros.

Je pense personnellement qu’il n’y a rien de mal à voir des femmes fières de leur corps. MAIS la frontière est très fine entre une personne qui a travaillé dur et qui est fière de ce qu’elle a accompli et quelqu’un qui est terrifiée de perdre son ventre plat.

Il n’y a rien de mal à inspirer les gens à faire davantage de sport et à prendre soin d’eux MAIS la frontière est fine entre des images de fitness qui inspirent et des images de fitness qui promeuvent des objectifs irréalistes et des habitudes malsaines.

Donc, chers médias et réseaux sociaux, s’il vous plaît envisagez d’intégrer différentes morphologies et différentes interprétations du « bien-être » dans vos images et vos messages. Envisagez de mettre l’accent sur la santé plutôt que sur l’esthétique.

Et, pour les influenceurs « bien-être », s’il vous plait, dites la vérité sur cette perfection qui n’en est pas une, et conscientisez qu’il y a des endroits où vous pouvez être en train de projeter inconsciemment vos démons intérieurs sur vos followers vulnérables (et par pitié, n’utilisez plus photoshop pour aplatir votre ventre ou affiner vos cuisses ! Vous répondez à une société misogyne, sexiste et patriarcale en faisant ça.)

Et chers chercheurs, parents, éducateurs et praticiens, au vu des messages de “fitspiration” omniprésents sur la toile et des idéaux de beauté inatteignables induits par notre culture, essayaient d’éduquer les jeunes gens sur les impacts éventuels de certains usages des médias sociaux.

Et pour finir, pour celles qui se sentent mal dans leur peau aujourd’hui, envisagez d’unfollower tous les comptes qui vous font penser que votre corps n’est pas assez bien comme il est et qui profitent de vos complexes et de vos insécurités comme des opportunités marketing sournoises pour vous vendre des compléments ou des thés minceur (tout en signant « avec tout mon amour ! »). Et tournez vous plutôt vers des comptes et des chaînes qui vous font ressentir de l’amour, de la compassion et de la bienveillance vis-à-vis de votre corps, car c’est le seul moyen d’en avoir aussi pour les autres.

Comment j’ai trouvé la paix intérieure

 

Pendant longtemps j’ai essayé de me conformer et de ressembler à ces filles que l’on peut voir sur les réseaux sociaux.

J’ai réussi à faire la paix avec moi-même en me détachant totalement de l’approbation des autres et en acceptant d’être « simplement » moi-même (#cliché).

Je n’ai pas deux faux seins siliconés et cancérigènes, ni d’abdos apparents, ni de fesses fermes et musclées, ni l’envie de me coller de faux-cils sur mon visage ou de faux cheveux, ni de combler mes lèvres avec des toxines environnementales.

J’adore le sport, j’adore manger sianement et j’adore être féminine mais je crois aussi beaucoup en la santé, la VRAIE santé, et, soyons honnête, encourager le développement de troubles dysmorphophobiques ou penser que des likes sur instagram vous apporteront plus de bonheur n’est pas très sain.

J’ai aussi arrêté de comparer l’endroit où je me trouve avec l’endroit où les autres se trouvent. Cela ne m’aidait ni à avancer, ni à améliorer ma situation. Cela nourrissait seulement ma culpabilité et ce sentiment d’inadéquation et d’insuffisance.

Il n’y a pas qu’un seul chemin correct dans la vie. Chacun a son propre chemin. Un chemin qui correspond à quelqu’un d’autre ne sera pas forcément un chemin qui vous correspond. Et c’est ok.

Votre chemin n’est pas bon ou mauvais. Il est juste différent. Votre vie n’est pas censée ressembler à celle des autres car vous n’êtes pas les autres.

Vous êtes une personne à part entière avec des objectifs, des obstacles, des rêves et des besoins propres à vous-même.

Donc, arrêtez de vous comparer et commencez à vivre.

Si vous voulez continuer à me suivre et faire de moi une de vos « influenceuses bienveillantes », j’en serais honorée mais vous devez accepter que la santé que je promeus ici ne dépendra jamais d’un thé minceur qui me sponsorise, de poudres « détox » miracle, de la suppression des sucreries ou même d’un corps plus mince ou plus musclé.

NON, je ne me conformerai pas.

Et vous qu’en pensez vous ? Trouvez vous que les influenceuses et les fitspo vous inspirent ou vous insultent ?

Disclaimer : Toute ressemblance avec des personnes connues serait fortuite.

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