Vous n’arrêtez pas de penser à la nourriture ?

4 Déc 2017 | Boulimie-Hyperphagie, Troubles alimentaires | 13 commentaires

Le problème que les gens viennent me demander le plus fréquemment de les aider à régler n’est pas un comportement alimentaire particulier,

mais leur inquiétude chronique vis-à-vis de la nourriture et du poids.

Genre : TOUTE. LA. JOURNÉE.

Et, penser de manière inquiéte et obsessionnelle à la nourriture et au poids ne nous aide généralement pas à manger moins ;

en fait,

si vous vous inquiétez toute la journée par rapport à la nourriture,

vous êtes AUSSI probablement un mangeur/une mangeuse compulsive et émotionnelle.

 

Et donc, le genre de question que l’on me pose souvent est « Je pense encore trop à la nourriture. Comment mettre fin aux pensées alimentaires qui fusent dans ma tête ? Comment je me débarrasse de ce brouha ? Aussi, avant de perdre du poids, je mangeais déjà du chocolat tous les jours (et j’en mangeais trop), pourquoi cela s’arrêterait-il maintenant ? ».

 Je vous ai déjà expliqué dans un autre article pourquoi il était très compliqué de faire taire ce bruit incessant lorsque l’estime que vous avez de vous-même est attachée à votre apparence physique.

Aujourd’hui, je voudrais aborder cette question sous un angle légèrement différent mais, avant ça, laissez-moi vous rappeler un basique…

RÉPONSE NATURELLE DU CORPS À LA RESTRICTION 

 

D’après mon expérience, la plus grande cause des crises de boulimie (et quasiment la seule) est la restriction, qu’elle soit physique ou mentale.

 Si votre obsession est de manger autant que possible,

dès que possible,

ne vous inquiétez pas.

Une fois que vous lâchez les rênes,

que vous n’avez plus aucune limite,

et que vous réintroduisez la nourriture,

une période d’anarchie alimentaire ou de faim extrême est attendue.

C’est la façon avec laquelle votre corps vous sort de cette famine (encore une fois, physique ou mentale) et vous ramène à la normale.

C’est une réponse de survie.

 

D’ailleurs, comme l’explique Jesta (une des participantes de Koh Lanta) dans sa dernière vidéo, sur l’île, elle ne pensait qu’à la nourriture et à s’échanger des recettes avec les autres participants, et,

en sortant de l’aventure,

elle ne pensait que BOUFFE-BOUFFE-BOUFFE.

Et, heureusement, celle-ci a laissé son corps se re-nourrir pendant plusieurs bons mois et n’a pas cherché à interférer avec ses envies alimentaires, envies que beaucoup auraient considérées comme « anomales ».

(N.B. : cette vidéo est très intéressante car Jetsa nous explique également qu’avant l’aventure elle pouvait manger tout ce qu’elle voulait tout en maintenant facilement son poids et, qu’après l’aventure, son corps est devenu un stockeur de gras…merci la restriction !)

 

Notre cerveau est conçu pour se focaliser sur la nourriture et notre corps est conçu pour en avoir envie dès qu’elle est controlée.

Cela peut durer un certain temps.

Tant que vous n’aurez pas compris avec certitude (et que vous ne vous prouverez pas VRAIMENT) que vous ne vous priverez plus jamais,

et que ce n’est pas juste une sortie de route amusante mais provisoire dans votre vie remplie de régimes et de restriction,

votre esprit restera focalisé sur la nourriture.

MANGER est la seule façon de vous en sortir.

Vous ne pouvez pas vous en sortir sans passer à travers.

Et, petit à petit, doucement mais sûrement, vous constaterez que la nourriture vous obsédera beaucoup moins.

 

Si votre obsession se porte toujours sur les calories et la pureté alimentaire,

c’est que votre cerveau s’agrippe encore à un certain contrôle.

Cela peut faire parfois très peur de lâcher-prise sur quelque chose qui vous paraissait très important avant…

Cela peut faire très peur d’abandonner tout contrôle et de ne pas savoir si vous allez un jour vous arrêter de manger.

Vous n’allez PAS continuer à manger pour le reste de votre vie.

Vous n’êtes pas un puits sans fond, même si avoir l’impression d’en être un au début du processus de lâcher-prise est normal.

 

Les crises de boulimie sont une réponse à la restriction.

Une fois que vous vous serez autorisé(e) à manger vraiment tous les aliments que vous voulez pendant un certain temps, l’obsession de les manger s’atténuera.

Je vous le promets.

C’est à la fois biologique et mental.

Et, pour ce qui est de votre sur-consommation avant d’avoir commencé toute restriction et de votre peur qu’elle continue, c’est une très bonne question !

Vous devez savoir que l’hyperphagie (sur-consommation) et les crises de boulimie sont deux choses différentes.

Il y a une grosse différence entre avoir des crises de boulimie sur du chocolat et manger beaucoup de chocolat en guise de réconfort.

S’il n’y a vraiment aucune restriction qui rentre en jeux,

il y a peu de chance que ce soit une crise de boulimie, et,

si vous vous surprenez à manger trop de chocolat de temps en temps,

il n’y a rien de mal à ça et c’est tout à fait normal et humain.

Il n’y a pas de quoi s’inquiéter ou de quoi culpabiliser et votre vie peut suivre son cours normalement :

« J’ai mangé beaucoup de chocolat, tant pis je ne vais pas avoir faim pendant un petit moment. Tiens c’est l’heure de sortir les poubelles. » POINT .

 

Et, si vous mangiez vraiment du chocolat de manière chronique et inconfortable avant d’avoir décidé de vous restreindre et de perdre du poids,

je serais prête à parier n’importe quoi que c’était causé par une mentalité de déni.

Est-ce que vous limitiez le chocolat ?

Est-ce que vous aviez peur de grossir ou de trop manger ?

Est-ce que, plus vous mangiez du chocolat, plus vous pensiez que vous ne devriez pas en manger ?

Je suis sûre qu’il y avait encore un sentiment de restriction derrière tout ça. Ce qui peut engendrer de l’obsession.

Je vous promets, le chocolat n’est pas SI excitant que ça une fois que vous pouvez faire ce que vous voulez.

Une fois que vous pouvez manger du chocolat pour le petit déjeuner, le déjeuner et le dîner,  les snacks et le dessert, à terme, l’appel devient beaucoup moins fort.

Le chocolat devient beaucoup plus ordinaire et banal.

Bien sûr à certains moments il sera toujours délectable et vous fera toujours du bien.

Mais, une fois que vous aurez compris que vous n’avez plus besoin de vous arrêter, vous commencerez à vous arrêter, comme par magie.

Je vous assure.

Ces jours-ci, il m’arrive d’oublier d’aller faire les courses et de manger mon dîner avant de sortir.

Et, bien sûr, aller faire les courses, prévoir mes repas et me faire cuire des patates me ferait du bien mais mes jours d’obsession alimentaire sont terminés !

« CONSTRUIRE LE NOUVEAU »

 

Je voudrais maintenant aborder cette question sous un angle légèrement différent qui est de vous demander :

Si régler vos comportements alimentaires n’était pas une priorité dans votre vie,

que feriez-vous de votre temps ?

Sur quels projets vous concentreriez-vous ?

Où serait dépensée toute cette énergie ?

 

Quand je pose cette question à des clientes, elles me disent 9 fois sur 10 qu’elles n’en ont aucune idée.

« La nourriture est ma passion »,
« Manger est tout ce que je fais »,
« Je ne sais même pas quels sont mes centres d’intérêt en dehors de la nourriture. »

(c’est d’ailleurs pour ça que certaines statistiques estiment que la majorité des nutritionnistes souffrent, ou ont souffert, eux-mêmes d’un trouble alimentaire ; l’alimentation est leur « passion » et donc ils en font leur carrière. Et l’inverse est aussi vraie : à force de s’informer sur la nutrition, ils développent des troubles alimentaires.)

 

Il est donc logique que lorsque nous ne pensons qu’à « arrêter de manger émotionnellement » ou qu’à « contrôler notre alimentation »,

au lieu de développer de nouveaux objectifs, de nouvelles passions, de nouvelles raisons de vivre,

le brouha alimentaire tourne en boucle dans notre tête.

 

Il y a un moment, j’ai écrit un paragraphe expliquant pourquoi la seule façon d’en « finir » avec l’alimentation émotionnelle, était d’arrêter de s’inquiéter vis-à-vis d’elle,

et de plutôt commencer à s’intéresser à développer de nouveaux mécanismes de défense.

Il en est de même pour les « pensées alimentaires ».

Au lieu d’essayer « de ne pas penser à la nourriture »,

essayez de vous concentrer activement sur autre chose.

(C’est d’ailleurs pour ça que je refuse d’avoir un compte instagram où je poste quotidiennement sur lequel les gens peuvent me suivre. Lisez mes emails une fois par semaine puis, le reste du temps, MANGEZ ET VIVEZ VOTRE VIE.)

 

Trouvez ce qui vous importe en dehors de la nourriture.

Qu’est ce qui vous excite dans la vie ?

Explorez d’autres passions.

Trouvez-vous un nouveau projet.

 

Comme Dan Millman l’auteur du Guerrier Pacifique le dit,

 

« Le secret du changement est de consacrer toute votre énergie, non pas à combattre l’ancien, mais à construire le nouveau. »

 

Pensez-y 😉

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